Andalousie Ch. 5/5 — Casares
Chapitre 5 de 5 · 2 nuits · 18–20 juin 2027

Casares

Deux nuits pour clore le mois, à l'ouest de Málaga. Quatre chapitres ont raconté comment on a défait l'Andalousie — l'Inquisition, 1492, 1569, la guerre civile. Casares, c'est le village natal de Blas Infante, l'homme qui a redonné à l'Andalousie un drapeau et une idée d'elle-même, fusillé pour l'avoir rêvée. La boucle se referme là.

Le village blanc de Casares dégringolant de sa falaise jusqu'au château La boucle

Quatre chapitres ont raconté comment on a défait l'Andalousie : l'Inquisition, 1492, 1569, la guerre civile. On finit le mois ici, dans ce village blanc accroché à sa falaise — parce que c'est à Casares qu'est né l'homme qui a voulu lui rendre une âme. Blas Infante. La boucle se referme.

L'Arco de la Villa, l'arche de pierre du château maure de Casares, au bout d'une ruelle pavée blanchie à la chaux Le village suspendu

Casares, c'est un des pueblos blancos les plus photographiés d'Andalousie : les maisons dévalent la roche jusqu'au château maure, et la vue va jusqu'à la mer. Une dernière carte postale — mais avec, en dessous, une histoire qui referme tout le voyage.

Quatre chapitres sur la manière dont on a défait l'Andalousie. On finit chez l'homme qui a essayé de lui rendre une âme — né ici, fusillé en 1936 pour l'avoir rêvée.
Portrait de Blas Infante, le père de la patrie andalouse, né à Casares en 1885
Scène 1/3 · Casa Natal · le CŒUR

L'homme qui a rêvé l'Andalousie

Blas Infante est né dans cette maison en 1885. Notaire, écrivain, fasciné par l'héritage d'Al-Andalus, il a donné à l'Andalousie son drapeau — le vert-blanc-vert — et son idée d'elle-même comme peuple. À l'Assemblée de Ronda, en 1918, on adopte ses symboles. En août 1936, les franquistes le fusillent sans procès sur une route près de Séville. Le Parlement andalou l'a reconnu « père de la patrie andalouse » en 1983.

Entre à la Casa Natal (rénovée et rouverte en 2025, gratuite) et prends le temps. Après quatre chapitres sur la destruction de l'Andalousie maure, voici l'envers : un homme qui, quatre siècles plus tard, a essayé de lui rendre une mémoire et une dignité — et l'a payé de sa vie, comme tant d'autres dont on a croisé l'ombre à Ronda.

On a passé un mois à comprendre comment une Andalousie a été effacée. On finit chez celui qui a voulu lui réapprendre son nom. C'est la bonne dernière page.
L'Arco de la Villa, l'arche de pierre de l'enceinte du château maure de Casares, au bout d'une ruelle pavée blanchie à la chaux
Scène 2/3 · Le Castillo · le QUOI

Monter jusqu'à la pierre maure

Au sommet du village, la forteresse maure et l'église en ruine de l'Encarnación, avec un petit cimetière accroché à la crête. Casares (peut-être de Hisn Qasari) tombe aux mains des Rois Catholiques en 1485, sept ans avant Grenade. On monte par les ruelles blanches ; en haut, la vallée déroule jusqu'à la Méditerranée, et le Rif marocain les jours clairs.

Fais la montée en fin d'après-midi, quand la chaleur tombe, et redescends par le Mirador de la Cruz pour le coucher de soleil — Casares de profil, les toits blancs en cascade. C'est la dernière belle lumière du mois. Un verre au Bar El Castillo en haut, et le cabrito payoyo à la braise chez Sarmiento pour le souper.

Sept ans avant Grenade, ce château-ci tombait déjà. On a remonté tout le fil de la conquête, de village blanc en village blanc, jusqu'à ce dernier promontoire au-dessus de la mer.
Les Baños de la Hedionda près de Casares — bains soufrés voûtés en pierre, d'origine romaine puis maure
Scène 3/3 · Baños de la Hedionda · le contre-pied

Les bains de César (la légende)

En bas, vers la côte, des bains soufrés voûtés dans un ravin : romains à l'origine, remaniés sous les Maures, l'eau verte qui sent l'œuf pourri — hedionda veut dire « puante ». La légende raconte que Jules César s'y est baigné pour soigner une maladie de peau. Joli récit, mais aucune trace archéologique ne le confirme : c'est un mythe, comme tant d'autres qu'on a démontés ce mois-ci.

On peut s'y baigner — libre et gratuit hors saison, sur réservation l'été. Un dernier plongeon dans l'eau soufrée, le matin avant de descendre vers l'aéroport. Et si tu préfères la mer, les plages de Manilva sont à dix minutes, avec l'espeto de sardines pour le midi.

On a passé le mois à séparer les faits des légendes — le pont d'Hemingway, le dernier soupir du Maure. Un dernier mythe pour la route, mais on sait maintenant le reconnaître.
Le montage

Ce que la caméra a pas eu le temps de filmer

Une assiette de cabrito (chevreau) rôti avec des pommes de terre, sur une table de restaurant Le dernier carnet de bouche

Pour finir le mois : le cabrito payoyo à la braise chez Sarmiento — le chevreau de la chèvre payoya, race de la sierra sauvée de l'oubli — le queso payoyo affiné de la ferme Crestellina, et un dernier verre de moscatel de Manilva, la vigne presque les pieds dans la mer. Tout est dans le carnet.

La fin du voyage

De la fin d'Al-Andalus à l'homme qui a voulu la faire renaître — le mois est bouclé. Les 9 lieux de Casares, et tout le voyage, vivent dans le carnet, avec leurs liens, leurs prix, pis le budget complet. L'épisode c'est l'apéro ; le carnet, c'est l'outil. Buen viaje.

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Crédits photo

  • L'Arco de la Villa, l'arche de pierre de l'enceinte du château maure de Casares, au bout d'une ruelle pavée blanchie à la chaux —

    ANAGSPC · CC BY-SA 4.0

  • L'intérieur voûté des Baños de la Hedionda — arche de pierre et de brique au-dessus de l'eau turquoise soufrée —

    Alex Lomas · CC BY 2.0

  • Le village blanc de Casares sur son piton rocheux, le château et la tour de l'église au sommet, les collines andalouses derrière —

    jaycross · CC BY 2.0

  • Portrait photographique en noir et blanc de Blas Infante vers 1910, en costume et cravate — le père de la patrie andalouse, natif de Casares —

    Auteur inconnu · Wikimedia Commons

  • Une assiette de cabrito (chevreau) rôti avec des pommes de terre frites, des verres de vin rouge sur la table d'un restaurant —

    Xemenendura · CC BY-SA 3.0

Carnet — Casares · 18–20 juin 2027

Blas Infante · le village suspendu · les bains de César

Étape ordi, une seule fois : télécharge le fichier sur ton ordinateur, importe-le dans mymaps.google.com (Créer une carte → Importer). La carte apparaît ensuite dans l’app Google Maps de ton téléphone — Enregistrés → Cartes — offline inclus. Le fichier ne s’ouvre pas directement sur iPhone (Google n’a plus d’app My Maps). Sur le terrain, les pills « Maps » de chaque lieu font la job en un tap.

Où dormir

  • Hotel Rural Casares ~50–110 € (~CAD 75–165)/nuit (plus cher en juin)

    L'option simple et juste, dans le village même : un petit hôtel rural sur la Calle Copera, vue sur les toits blancs et la vallée. Pour dormir au cœur du pueblo et se réveiller dans la carte postale, à pied du château et de la maison de Blas Infante.

  • Finca Cortesin grand luxe (5★) · Kabuki Raw sur réservation

    Le grand luxe pour clore le mois : un resort-hacienda 5 étoiles entre Casares et la mer, golf, spa, et le Kabuki Raw — la table japonaise étoilée Michelin du chef Luis Olarra, qui marie la technique nippone aux produits andalous. Le splurge de la dernière nuit, si on veut finir en beauté.

Où manger

  • Sarmiento Brasa Andaluza ~40 € (~CAD 60)/pers (indicatif)

    Sur la route qui monte au village, un asador andalou recommandé par le Michelin : tout passe sur la braise, et la pièce maîtresse, c'est le cabrito payoyo — le chevreau de la chèvre payoya de la sierra, rôti au feu. Le repas-mémoire de l'étape. Fermé lundi et mardi, réserver.

  • Bar El Castillo tapas et raciones ~3–12 € (~CAD 5–18)

    Le bar du village, tout en haut près du château, terrasse sur la vallée. Tapas et plats simples, l'adresse des Casareños loin du circuit du mirador. Pour un verre et une assiette honnête avec la vue, après la montée.

À voir & faire

  • Casa Natal de Blas Infante
    Casa Natal de Blas Infante gratuit

    La maison où est né Blas Infante en 1885 — le « père de la patrie andalouse », l'homme qui a donné à l'Andalousie son drapeau et son idée d'elle-même, fusillé par les franquistes en 1936. La maison-musée, rénovée et rouverte en 2025, raconte sa vie et l'andalucisme. Entrée gratuite. C'est ici que le voyage referme sa boucle.

  • Castillo de Casares & Iglesia del Castillo
    Castillo de Casares & Iglesia del Castillo ruines en accès libre

    La forteresse maure au sommet du village (origine médiévale, prise par les Catholiques en 1485), avec l'ancienne église de l'Encarnación et le cimetière accroché à la crête. On monte par les ruelles blanches ; en haut, toute la vallée jusqu'à la mer, et le Rif marocain les jours clairs.

  • Mirador de la Cruz gratuit · accès libre

    Le belvédère de la photo : Casares vu de profil, les maisons blanches dégringolant de la falaise jusqu'au château, l'un des pueblos blancos les plus photographiés d'Andalousie. Gratuit, accès libre, et le meilleur au coucher de soleil — la dernière lumière du voyage sur les toits blancs.

  • Baños de la Hedionda
    Baños de la Hedionda gratuit hors saison · réservation Eventbrite l'été

    Des bains soufrés voûtés en pierre, dans un ravin près de la côte — d'origine romaine, remaniés sous les Maures, l'eau verte sent l'œuf pourri (hedionda = puante). La légende dit que Jules César s'y est soigné d'une maladie de peau (joli mythe, aucune preuve archéologique). On peut s'y baigner : libre et gratuit hors saison, sur réservation l'été.

  • Sierra Crestellina gratuit · sentier

    La réserve naturelle au-dessus de Casares : une crête calcaire où plane une colonie de vautours fauves. Le sentier SL-1 (≈1,3 km) part de la route A-7150 et donne le village, la vallée et les rapaces en vol. Une dernière marche, tôt le matin avant la chaleur, avant de descendre vers l'aéroport.

Le carnet de bouche

  • Cabrito payoyo à la braise
    Cabrito payoyo à la braise

    Le chevreau de la chèvre payoya — une race autochtone de la sierra de Cádiz-Málaga, presque disparue puis sauvée — rôti lentement au feu de bois. La cuisine de berger de l'arrière-pays, élevée au rang d'asador. Chez Sarmiento, sur la route de Casares, c'est le plat à venir chercher.

  • Moscatel de Manilva

    Au pied de Casares, Manilva fait pousser le moscatel presque les pieds dans la mer — un vin doux doré, et le mosto jeune qu'on foule encore à la Fiesta de la Vendimia en septembre. Les Bodegas Manilva font visite et dégustation sur réservation. Le dernier verre du voyage.

  • Queso payoyo

    Le fromage de la même chèvre payoya — affiné, parfois au romarin ou au paprika, primé internationalement. À la ferme Crestellina, sur la route Manilva-Gaucín, on le fait et on le vend directement. Le goût de la sierra, à rapporter.