Amorgos
Sept nuits sur la plus reculée des Cyclades, en deux bases — le sud de la Chora perchée, le nord de la baie d'Aegiali. Le patatato, le ragoût de chèvre aux patates ; le rakomelo, le raki au miel qu'on vous offre tout en haut du monastère collé dans la falaise ; et l'eau du Grand Bleu à Agia Anna. L'île de ceux qui arrivent par la mer.
L'arrivée — la plus reculée Amorgos est la dernière du cercle avant le retour, la plus reculée des Cyclades — longue, montagneuse, au bout de la traversée. Peuplée depuis l'Antiquité, vidée par la modernité, rendue mythique par le cinéma. On y arrive par la mer, au port de Katapola au sud, et on s'installe pour de bon : c'est l'île de ceux qui arrivent par l'eau et qui prennent leur temps.
Deux bases, le ferry pour seul fil L'île se vit en deux temps : le sud, autour de la Chora perchée et du port de Katapola ; le nord, autour de la baie de sable d'Aegiali et de ses villages suspendus, Langada et Tholaria. Entre les deux, la route de crête, le bus, et le monastère blanc collé dans la falaise. Le matin la mer, le soir le patatato et le rakomelo.
L'île de ceux qui arrivent par la mer — et le premier geste pour le visiteur, tout en haut du monastère, c'est un verre de miel chaud.

Le monastère collé dans la falaise
On le voit de loin, impossible : un trait blanc collé en plein milieu d'une falaise brune qui tombe à pic dans la mer. Le monastère de Panagia Hozoviotissa, fondé en 1088, huit étages de haut mais cinq mètres de large, le plus vieux des Cyclades. On y monte à pied, une vingtaine de minutes de sentier, épaules et genoux couverts. Et tout en haut, après l'effort, on vous tend un petit verre : un raki au miel, fumant, et un loukoumi. L'accueil de l'île de ceux qui arrivent.
Tenue couvrante obligatoire (un foulard suffit). À faire tôt ou en fin d'après-midi, pour la lumière et la fraîcheur. Juste en dessous, la plage d'Agia Anna — celle de Le Grand Bleu — pour le bain qui suit. Et le raki au miel, le rakomelo, on le retrouve partout : à Katapola, la distillerie Amorgion le fait à la source.
Mille ans accroché à une falaise, et le premier geste pour le visiteur, c'est un verre de miel chaud. Amorgos accueille ceux qui ont traversé la mer.

Le patatato, la chèvre et la patate
La Chora d'Amorgos, perchée, est une des plus belles des Cyclades : ruelles blanches, un château vénitien sur son piton, des moulins, et le soir la vie qui s'installe sur les places. C'est ici qu'on mange le plat de l'île — le patatato : de la chèvre mijotée des heures avec des pommes de terre, de la cannelle et du vin rouge, jusqu'à ce qu'elle se défasse. Du pain pour saucer, un verre de vin local.
Chez Kastanis, dans la ruelle piétonne, pour le patatato et la kopanisti — le fromage piquant qu'on tartine. Demande la salade amorgienne (xinomyzithra, tomates, câpres). L'île compte quinze mille chèvres et moutons : tout vient d'à côté. Et pour finir, les xerotigana, ces rubans frits au miel et au sésame.
Une chèvre, des patates, de la cannelle, et des heures de patience. Le patatato, c'est la montagne d'Amorgos dans une assiette.

L'eau du film
Sous le monastère, la côte plonge dans une eau d'un bleu impossible. C'est ici, à Agia Anna, que Luc Besson a tourné Le Grand Bleu en 1988 — et l'image a fait le tour du monde. Pas de sable : des plateformes de roche d'où l'on plonge dans le turquoise, l'immense falaise au-dessus, le monastère minuscule accroché là-haut. On nage dans le décor d'un mythe.
Agia Anna est petite et peut être ventée — arrive tôt. Pour une eau émeraude plus sauvage et des grottes à explorer au masque, Mouros, plus au sud. Et la crique de sable abritée en face de Katapola, Maltezi, en bateau-taxi (toutes les 30 min l'été).
On a tous vu cette eau au cinéma sans savoir où c'était. C'est ici. Et plonger dedans, c'est entrer dans l'image.

La deuxième base : sable et villages perchés
Au bout de la route de crête, le nord change de visage : Aegiali ouvre une vraie baie de sable, plus douce, et au-dessus s'accrochent deux villages perchés, Langada et Tholaria, reliés par un sentier d'une heure et demie à travers les terrasses. C'est la deuxième moitié du séjour — on descend nager à Levrossos, on remonte manger dans les villages.
À Langada, la taverne Loudaros pour les grillades et la vue ; à Aegiali, chez Kyra Katina pour la cuisine maison. Le premier week-end de septembre, le festival du xerotigano : les femmes frient les rubans au miel sur la place, rakomelo et danse. Et les herbes sauvages — origan, sauge, thym — à rapporter en tisane.
Deux villages blancs suspendus au-dessus d'une baie de sable, un sentier entre les deux, et le silence. Le nord d'Amorgos, c'est le ralenti dans le ralenti.

L'épave dans le turquoise
À la pointe sud, là où la route finit, la baie de Kalotaritissa. Dans l'anse voisine, échouée dans une eau turquoise au pied des collines arides, l'épave rouillée d'un cargo, l'Olympia — un autre fantôme du Grand Bleu, devenu une image qu'on garde d'Amorgos. On vient nager là, au bout de tout, dans le silence.
Voiture ou scooter (un bus par jour). La baie de Kalotaritissa pour le bain, l'épave dans l'anse de Liveros juste avant. Rien d'autre que la mer et la rouille contre le bleu — apporte de l'eau. C'est le dernier bain du cercle avant Santorin.
Une carcasse de fer qui rouille dans le plus beau bleu du monde. Amorgos garde ses légendes au bout de ses routes.
Ce que la caméra a pas eu le temps de filmer
Le carnet de bouche Avant le dernier ferry : le patatato de la Chora, le poisson des deux ports, la kopanisti, le rakomelo de Katapola, les xerotigana d'Aegiali. Et la mer — Agia Anna et son Grand Bleu, l'épave de Kalotaritissa, le sable de Levrossos au nord. Le carnet a les adresses, les liens, les prix, et le budget complet du voyage.
Quatrième île, quatrième réponse : ici, la plus reculée, on n'arrive que par la mer — et l'accueil, c'est un verre de miel chaud après la montée au monastère. Les 19 lieux d'Amorgos, du sud au nord, vivent dans le carnet, avec leurs liens, leurs prix, et le budget complet. L'épisode, c'est l'apéro ; le carnet, c'est l'outil. Dernier ferry : Santorin, et le cercle se referme.
← Retour au survol du voyageCrédits photo
- L'épave rouillée du cargo Olympia échouée dans une eau turquoise au pied de collines arides à Amorgos (la plage de Kalotaritissa), en lumière dorée —
- L'immense montagne rocheuse de la côte est d'Amorgos, avec le minuscule monastère blanc de Hozoviotissa accroché à mi-falaise, vu depuis la plage d'Agia Anna —
- La Chora d'Amorgos : un village de maisons blanches étalé sur une colline, dominé par un piton rocheux coiffé d'une chapelle et d'un château, sous un ciel bleu —
- Le monastère blanc de Panagia Hozoviotissa, collé en plein milieu d'une immense falaise brune verticale à Amorgos, sous un ciel bleu parsemé de nuages, un arbre au premier plan —
- Une longue plage de galets de la baie d'Aegiali, au nord d'Amorgos, bordée de collines arides et d'une eau bleue claire —
Le raki au miel offert au monastère · le patatato de chèvre · l'eau du Grand Bleu à Agia Anna · les villages perchés du nord
Étape ordi, une seule fois : télécharge le fichier sur ton ordinateur, importe-le dans mymaps.google.com (Créer une carte → Importer). La carte apparaît ensuite dans l’app Google Maps de ton téléphone — Enregistrés → Cartes — offline inclus. Le fichier ne s’ouvre pas directement sur iPhone (Google n’a plus d’app My Maps). Sur le terrain, les pills « Maps » de chaque lieu font la job en un tap.
Où dormir
- Emprostiada Traditional Guest House ~100–150 € (~CAD 150–225)/nuit
Une maison d'hôtes traditionnelle au cœur de la Chora, à cinq minutes du centre : architecture cycladique, accueil chaleureux, calme. La base sud, perchée dans la capitale.
- Vorina Ktismata ~170–220 € (~CAD 255–330)/nuit (haute saison)
Des maisonnettes cycladiques de charme à huit minutes de la Chora, pierre et chaux, vue mer, calme absolu. Un cran plus haut de gamme, pour une base sud douillette.
- Amorgos Pearls ~85–150 € (~CAD 130–225)/nuit
Deux studios seulement, à cinq minutes du port de Katapola et à 150 m de la plage : propre, intime, accueil personnel. L'option port de la base sud — réserver très tôt.
- Aelia Studios ~85–120 € (~CAD 130–180)/nuit
À cinquante mètres de la plage d'Aegiali et cinq minutes du port, des studios simples et bien tenus avec kitchenette. La base nord, les pieds dans le sable, pour la deuxième moitié du séjour.
- Pagali Hotel & Taverna ~90–150 € (~CAD 135–225)/nuit
Dans le village perché de Langada, un hôtel familial avec sa taverne, vue sur la vallée et la mer, départ des sentiers de randonnée. Pour vivre le nord d'Amorgos au rythme lent.
À table
- Kastanis ~15–22 € (~CAD 23–35)/pers
Depuis 1962, la première taverne de la Chora, dans la ruelle piétonne en escalier — une poignée de tables de part et d'autre des marches. On y goûte le patatato (le ragoût de chèvre aux patates de l'île) et la kopanisti, le fromage piquant. Cuisine du jour, prix modérés.
- Mouragio ~20–30 € (~CAD 30–45)/pers
La psarotaverna du port de Katapola, là où les ferries accostent : le poisson du jour, le poulpe grillé, les fruits de mer, en regardant le va-et-vient du quai. La table de mer de la base sud.
- To Limani tis Kyra Katinas ~15–25 € (~CAD 23–40)/pers
Dans une ruelle derrière la plage d'Aegiali, la taverne de Kyra Katina : cuisine maison, portions généreuses, prix justes — la table où mangent les gens du nord. Le patatato, les mezedes, le poisson.
- Taverne Loudaros ~15–22 € (~CAD 23–35)/pers
Dans le village perché de Langada, la taverne familiale de Nikitia : grillades locales, légumes du jardin, vue sur la vallée. On y monte à pied d'Aegiali (30 min) ou en bus. Fermée l'hiver.
- Youkali ~18–28 € (~CAD 27–40)/pers
De l'autre côté de la baie de Katapola, à Xilokeratidi, une table un peu plus créative au bord de l'eau — bonne adresse pour un dîner tranquille loin de l'agitation du quai des ferries.
La mer & les criques
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Agia Anna accès libreLes petites criques de rochers sous le monastère, l'eau turquoise où Luc Besson a tourné Le Grand Bleu en 1988. Pas de sable, juste la roche et le bleu — on plonge des plateformes. Bus depuis Chora/Katapola.
- Mouros accès libre
Une crique de galets sauvage de la côte sud, eau émeraude limpide et grottes marines à explorer au masque. Peu de monde, aucun aménagement. Voiture ou bus rare.
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Kalotaritissa & l'épave accès libreLa pointe sud de l'île : une baie de sable et galets, et dans l'anse voisine de Liveros, l'épave rouillée du cargo Olympia échouée dans le turquoise — une image du Grand Bleu devenue légende. Voiture ou un bus par jour.
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Levrossos accès libreLa plage de sable de la baie d'Aegiali, au nord, à vingt minutes à pied du village ou en bateau-navette. Eau calme et peu profonde, tamaris pour l'ombre. La base balnéaire du nord.
- Maltezi accès libre · bateau-taxi ~3,50 € (~CAD 5)
Une crique de sable abritée en face du port de Katapola, accessible seulement par bateau-taxi (toutes les 30 min l'été) ou un sentier. Eau cristalline, un petit bar de plage. Le bain facile depuis la base sud.
À voir & faire
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Monastère Hozoviotissa entrée libre (don)Le monastère blanc fondé en 1088, incrusté à trois cents mètres de haut dans une falaise verticale — huit étages mais cinq mètres de large, le plus vieux des Cyclades. On y monte à pied (~20 min), tenue couvrante exigée, et un raki au miel est offert aux visiteurs au sommet.
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La Chora d'Amorgos accès libreLa capitale perchée, une des plus belles des Cyclades : ruelles blanches, château vénitien sur son piton rocheux, moulins, et le soir la vie qui s'installe sur les places. C'est ici qu'on mange le patatato et qu'on boit le rakomelo.
- Langada & Tholaria accès libre
Les deux villages perchés au-dessus d'Aegiali, reliés par un sentier d'une heure et demie à travers les terrasses : maisons blanches, chapelles, et le silence du nord d'Amorgos. Le cœur de la rando et du rakomelo.
- Distillerie Amorgion (rakomelo) dégustation · bouteille à l'achat
À Katapola, Antonis Vekris distille le rakomelo d'Amorgos — le raki au miel et aux épices, emblématique de l'île, celui qu'on boit chaud à toutes les fêtes et qu'on offre au monastère. Dégustation et achat à la source.
Le carnet de bouche
- Kopanisti & xinomyzithra
Les fromages faits maison de l'île, où broutent quinze mille chèvres et moutons : la kopanisti, piquante et poivrée, tartinable, l'apéro parfait avec un raki ; et la xinomyzithra, douce et acidulée, qui remplace la feta dans la salade amorgienne (tomates, câpres, origan). Quasi introuvables hors d'Amorgos.
- Les herbes sauvages & tisanes
Amorgos est réputée pour ses plantes sauvages : l'origan, la sauge, le thym et le dictame poussent sur les pentes arides, surtout au nord vers Langada et Tholaria. On les rapporte en sachets, séchées, des épiceries de village — l'île en tisane, le terroir le plus léger à mettre dans sa valise.
- Patatato — le ragoût de l'île
Le plat-identité d'Amorgos : de la chèvre (ou de l'agneau) mijotée longtemps avec des pommes de terre, de la cannelle, du vin rouge et des clous de girofle, jusqu'à ce que la viande se défasse à la fourchette. On le sauce avec du pain. Le 25 juillet, à la fête d'Agia Paraskevi au sud, on en sert quatre mille portions cuites dans des chaudrons au charbon. À goûter dans une taverne de la Chora comme Kastanis.
- Le poisson des deux ports
Aux deux ports de l'île — Katapola au sud, Aegiali au nord — le poisson sort du bateau le matin : poulpe grillé, calmars, le poisson du jour selon la pêche. À Mouragio, sur le quai de Katapola, on le mange en regardant accoster les ferries ; à Aegiali, chez Kyra Katina, dans une ruelle derrière la plage.
- Rakomelo — le raki au miel
La boisson emblématique d'Amorgos : du raki adouci au miel, à la cannelle et aux clous de girofle, servi chaud, le verre fumant dans la main. Les habitants le boivent à toutes les fêtes — et au monastère Hozoviotissa, c'est le geste d'accueil, un verre offert après la montée. À Katapola, la distillerie Amorgion d'Antonis Vekris le fait à la source.
- Xerotigana — les rubans au miel
Des rubans de pâte frits, croustillants et presque aériens, arrosés de miel tiède et parsemés de sésame grillé. Le sucre de fête d'Amorgos. Chaque premier week-end de septembre, à Aegiali, les femmes des villages les préparent en public, avec rakomelo et musique — la place sent l'huile chaude et le miel.