Syros
Trois nuits pour ouvrir le voyage par le ventre et par la mer. Pas l'île des cartes postales : un village de pêcheurs où le poulpe sèche sur la corde, des criques turquoise abritées du vent, l'agneau du nord aride — et, en filigrane, une capitale de marbre bâtie par des réfugiés, dont le loukoumi raconte l'exil. La contrainte des Cyclades, ici, se lit dans l'assiette.
L'arrivée par la mer On entre dans l'archipel par sa capitale oubliée. Pas de dômes bleus ni de ruelles à cartes postales : Ermoupoli grimpe sur deux collines de marbre et de chaux au-dessus du port — au XIXe siècle, c'était le premier port de Grèce, bâti par des réfugiés. Mais on n'est pas venus pour les musées. On est venus pour ce qui se passe à table et dans l'eau.
Le rythme de l'île On dort à Vaporia, dans les vieux manoirs d'armateurs suspendus au-dessus de la mer. Le matin, un freddo sur la place de marbre pendant qu'Ermoupoli s'éveille. Puis on file vers l'autre versant : la côte ouest, le village de pêcheurs de Kini, et les criques où l'eau devient turquoise. C'est ça, la journée type — la table, la mer, et l'histoire qu'on croise en chemin.
Pas l'île des dômes bleus — un village de pêcheurs, une crique turquoise et l'agneau du caillou aride. L'histoire est dans l'assiette, pas au musée.

Le sucre que les réfugiés ont apporté
En 1822, les Ottomans massacrent l'île de Chios. Les survivants — confiseurs, marchands, armateurs — fuient vers Syros, restée neutre parce que catholique et alliée de la France. Ils apportent leur savoir-faire, et avec lui le loukoumi : le loukoum parfumé au mastic de leur île perdue, fait main au chaudron de cuivre. En 2019, les loukoumia de Syros entrent au patrimoine immatériel grec. Ce n'est pas une spécialité touristique inventée — c'est une mémoire d'exil sublimée en sucre.
Entre dans une des vieilles confiseries du port — Leivadaras (1923), Sykoutris (1928) — et commande la version à la rose ou au mastic, pas les variantes aux fruits, plus récentes. C'est la première bouchée du voyage, et déjà une porte : tout ce qu'on mangera dans cet archipel est, d'une façon ou d'une autre, une réponse à une contrainte. Ici, la réponse est venue par bateau.
On ouvre un mois dans les Cyclades par un bonbon que des réfugiés ont apporté dans leurs bagages. La première chose qu'on goûte, c'est déjà une histoire de survie.

Le freddo, le marbre, et le temps qui ralentit
Avant de filer vers la mer, on prend le temps. Le matin, Ermoupoli s'éveille autour de la place Miaouli — une grande esplanade de marbre dominée par l'hôtel de ville néoclassique. On s'assoit à une terrasse, un freddo devant soi, et on regarde la ville vivre : les vieux qui jasent, les chaises de café qui se remplissent, les enfants qui traversent. C'est ça, le rythme de Syros — lent, vécu, pas mis en scène pour personne.
L'Ellinikon, sur la place, pour le freddo du matin — un espresso glacé monté en mousse, à siroter lentement. Le soir, la même place déambule sous les arcades. Syros est la capitale administrative des Cyclades, pas une île-décor : les gens d'ici y vivent leur vie, et c'est exactement ça qui la rend belle.
Pas de dômes bleus pour la photo — une place de marbre, un café glacé, une ville qui prend son temps. L'imaginaire grec, le vrai.

Le poulpe qui sèche sur la corde
Sur la côte ouest, Kini est resté un vrai village de pêcheurs. Les barques rentrent en fin d'après-midi, le poulpe sèche sur une corde devant les tavernes, et le soleil plonge droit dans la baie — la seule de l'île orientée plein ouest. On s'assoit les pieds presque dans le sable, chez Allou Yialou ou Dyo Tzitzikia, et on commande ce qui est arrivé par bateau le matin.
Réserve une table au bord de l'eau pour le coucher de soleil — c'est ce qui part en premier l'été. Le poulpe (chtapodi sta karvouna) se prend grillé au charbon, arrosé d'huile d'olive et d'origan. Pour le poisson, demande le fagri (daurade royale) grillé entier au ladolemono, ou le barbouni (rouget) frit qu'on choisit à la vitrine. Allou Yialou est indexé par le Greek Gastronomy Guide : la cuisine vient de la mer d'en face, pas d'un congélateur.
Un village qui a gardé ses barques, une assiette de poulpe fumé, et le soleil qui se couche dans ton verre. C'est pour ça qu'on traverse l'Atlantique.

L'eau qu'on voit jusqu'au fond
À une vingtaine de minutes à pied au nord de Kini, le sentier débouche sur Delfini : une crique abritée où l'eau passe du vert à l'émeraude, si claire qu'on voit le fond. Les collines la protègent du Meltemi, ce vent du nord qui agite le reste de l'île ; ici, la mer reste calme. Des tamaris donnent de l'ombre aux deux bouts. On entre par le passage sablonneux — des oursins sur les rochers, alors chaussures d'eau — et on nage.
Pars de Kini après le café, avec de l'eau et de quoi grignoter : à Delfini, juste un petit bar de plage en saison, rien d'autre. Les jours de grand Meltemi, Megas Gialos au sud reste toujours calme. Et si tu veux LA journée : un bateau depuis Kini jusqu'à Grammata, la crique sauvage du nord où les marins romains gravaient leur nom dans la roche en attendant le même vent du nord — on nage au-dessus des inscriptions, deux mille ans plus tard.
On cherche l'eau cristalline partout où on va. Ici, on l'a trouvée : une crique pour nous deux, turquoise, abritée, et personne.

Le goût du caillou aride
La cuisine de Syros n'est pas qu'une affaire de mer. Le nord de l'île, l'Apano Meria, est aride, presque désert — et c'est de là que vient l'autre table : l'agneau et le chevreau. Au bout de la route, dans le village de San Michalis, Plakostroto sert le gigot braisé à la marjolaine sur des hilopites tirées à la main, les côtelettes et le chevreau au feu de bois, avec la vue sur les îles voisines au moment où le soleil tombe.
Réserve la veille — sans réservation, on te refuse, c'est au bout d'un chemin. Prends le gigot à la marjolaine sur hilopites, et les paidakia (côtelettes) grillées au bois. Deux choses du terroir aride à rapporter, chez Prekas rue Chiou : le San Michali, le fromage de vache AOP de l'île (le plus cher de Grèce), et les câpres sauvages des falaises. Pour les mezedes face à la marina, Calmo Mare à Finikas, que les locaux valident depuis des années.
Le luxe d'Ermoupoli venait de la mer ; sa vraie cuisine vient du caillou aride du nord. C'est presque toujours comme ça dans les Cyclades — le meilleur sort de la plus mauvaise terre.

La colline du Pape, entre deux bains
Si l'île a pu accueillir les réfugiés qui ont bâti sa table et sa fortune, c'est grâce à la colline d'en haut : Ano Syros, la cité médiévale catholique fondée par les Vénitiens vers 1200, « l'isola del Papa ». Catholique et alliée de la France, Syros est restée neutre pendant la guerre d'indépendance — et a pu ouvrir ses portes. C'est tout. L'histoire, ici, reste en arrière-plan : on y monte un soir, pour les ruelles fraîches et la vue sur la ville basse.
Monte à pied par les ruelles (une vingtaine de minutes) ou en bus, jusqu'à la cathédrale San Giorgio et son orgue, le plus vieux de Grèce. Et si le néoclassique te tente : le théâtre Apollon, la « Piccola Scala » des Cyclades, et le Musée industriel pour comprendre d'où venait l'argent. Mais ça, c'est si le cœur t'en dit — le voyage, lui, est à table et dans l'eau.
Ce que la caméra a pas eu le temps de filmer
Le carnet de bouche Avant de monter sur le ferry : le poulpe de Kini, l'agneau du nord, le San Michali et les câpres de chez Prekas, le tsipouro de Vari. Et les criques — Delfini à pied, Grammata en bateau, Megas Gialos quand le vent se lève. Le carnet a les adresses, les liens, les prix, et le budget complet du voyage.
Première île, première réponse : ici, la contrainte du rocher a été résolue par ceux qui sont arrivés par la mer — et ça se goûte, du poulpe de Kini à l'agneau du nord. Les 26 lieux de Syros — où dormir, où manger, où se baigner — vivent dans le carnet, avec leurs liens, leurs prix, et le budget complet du voyage. L'épisode, c'est l'apéro ; le carnet, c'est l'outil. Prochain ferry : Sifnos.
← Retour au survol du voyageCrédits photo
- Des cubes de loukoumi (loukoum), blanc et rose, généreusement saupoudrés de sucre glace, en gros plan —
Chris Buttigieg · Wikimedia Commons
- Ermoupoli vue du port : les maisons néoclassiques étagées sur les deux collines de Syros — la cité médiévale d'Ano Syros à gauche, Vrontado et son église à dôme à droite —
- L'étal d'une épicerie de fruits et légumes d'Ermoupoli (Οπωροπαντοπωλείο), des cageots débordant de tomates rouges, oranges, fraises, aubergines, poivrons et légumes verts, et deux personnes à l'intérieur de la boutique —
- L'Hôtel de Ville néoclassique d'Ermoupoli (Ernst Ziller) et la statue de l'amiral Miaoulis sur la place Miaouli, Syros, avec deux vieux canons et des drapeaux grecs —
- La cathédrale catholique San Giorgio au sommet d'Ano Syros, dominant les maisons blanchies à la chaux de la cité médiévale —
- La façade néoclassique en marbre du théâtre Apollon d'Ermoupoli — « ΘΕΑΤΡΟΝ ΑΠΟΛΛΩΝ » gravé au fronton, trois grandes portes rouges en arc —
- La terrasse d'un café sur la place Miaouli d'Ermoupoli : des gens attablés sous un parasol, une carafe d'eau en avant-plan, l'hôtel de ville néoclassique et la foule sur la place de marbre derrière, en lumière chaude de fin de journée —
- Le port de pêche de Kini, sur la côte ouest de Syros, au crépuscule : de petites barques de pêcheurs amarrées près du brise-lames et de sa balise, sous un ciel rose et orangé reflété sur la mer calme —
- Les chantiers navals Neorion de Syros vus du port : la cale sèche flottante « NEORION », des grues et les collines arides derrière —
- Les manoirs néoclassiques du quartier Vaporia d'Ermoupoli, bâtis à pic au-dessus de la mer Égée, sous un ciel d'orage —
Belisa · Wikimedia Commons
- Un quartier de fromage San Michali de Syros, pâte mi-dure jaune pâle piquée de petites ouvertures, posé sur une planche de bois —
- Une assiette de côtelettes d'agneau grillées (paidakia) dans une taverne grecque, avec un poivron rouge grillé, des pommes de terre rôties, de la roquette et une quenelle de trempette blanche, sur une table sombre —
- Une crique rocheuse isolée de Syros : une eau turquoise et émeraude limpide qui laisse voir le fond clair, une petite plage de galets pâles au fond de l'anse, des falaises arides à pic de chaque côté —
- Une salade grecque horiatiki en gros plan : tomates, cubes de feta, rondelles d'oignon rouge, concombre, olives noires, origan et huile d'olive, dans un bol doré —
- Une tentacule de poulpe grillée au charbon (chtapodi sta karvouna), dorée et charbonnée, dans une assiette avec une tranche d'oignon grillée, un poivron rouge grillé, une demi-tomate et du persil, arrosés d'huile d'olive —
Le poulpe et le poisson de Kini · le bain dans les criques turquoise · l'agneau du nord aride · le loukoumi de l'exil
Étape ordi, une seule fois : télécharge le fichier sur ton ordinateur, importe-le dans mymaps.google.com (Créer une carte → Importer). La carte apparaît ensuite dans l’app Google Maps de ton téléphone — Enregistrés → Cartes — offline inclus. Le fichier ne s’ouvre pas directement sur iPhone (Google n’a plus d’app My Maps). Sur le terrain, les pills « Maps » de chaque lieu font la job en un tap.
Où dormir
- Electra Syros ~120–180 € (~CAD 180–270)/nuit (plus cher en haute saison)
Un boutique-hôtel de dix chambres dans les anciens manoirs de Vaporia, juste au-dessus de la plage Asteria. Petit, discret, au cœur du quartier des armateurs — la mer en bas, la ville à pied.
- The Nestorian House ~150–210 € (~CAD 225–315)/nuit (haute saison)
Un petit hôtel de charme ouvert en 2022 dans un manoir néoclassique de 1883, à Vaporia, au-dessus de la mer. Chambres spacieuses, impeccables, petit-déjeuner soigné — le confort d'un boutique-hôtel sans le tarif d'un palace. Noté 9,7 sur Booking.
- Guesthouse Lila ~85–95 € (~CAD 130–145)/nuit
Une maison d'hôtes de six chambres dans l'ancien consulat de France, en plein cœur d'Ermoupoli. Studios en mezzanine, kitchenette, terrasse ensoleillée — et une hôtesse réputée pour son accueil. Douillet et abordable, à dix minutes à pied de la place Miaouli.
- Syrou Lotos ~70 € (~CAD 105)/nuit (basse saison) · plus cher l’été
Des studios simples et bien tenus avec piscine et vue directe sur la baie de Kini — l'option plage, pour avoir l'eau cristalline sous les yeux dès le réveil. Il faut la voiture pour aller manger à Ermoupoli le soir, mais on dort face au coucher de soleil.
- Aristide Hotel grand luxe (SLH) · ~300 €+ (~CAD 450)/nuit
Neuf suites dans un manoir néoclassique de Vaporia, membre des Small Luxury Hotels of the World. Galerie d'art, jardin secret, bar en laiton, terrasse vue mer pour l'apéro au coucher du soleil. Le luxe d'occasion spéciale.
À table
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Allou Yialou ~20–30 € (~CAD 30–45)/persLa table de pêcheur sur la plage de Kini : les barques sont à 200 mètres et le poulpe grillé, les moules au romarin, le poisson du jour arrivent de là. Tenue par la même famille depuis des années, terrasse sous les tamaris face au coucher de soleil. Indexée par le Greek Gastronomy Guide.
- Dyo Tzitzikia sta Armyrikia ~15–25 € (~CAD 23–40)/pers
Une taverne familiale sur le front de mer de Kini où le poisson du jour est sur la glace à l'entrée et le pain est fait maison. On y lève les filets de pêche dans la salle. Réserver une table au bord de l'eau pour le coucher de soleil.
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Plakostroto ~15–20 € (~CAD 23–30)/persAu bout de la route, dans le village de San Michalis au nord, la table de terroir de l'île : le gigot d'agneau braisé à la marjolaine sur des hilopites tirées à la main, les côtelettes et le chevreau au feu de bois, et la vue sur les îles voisines au coucher du soleil. Réserver 24 h à l'avance.
- Calmo Mare ~12–20 € (~CAD 18–30)/pers
Le mezedopoleio de Finikas où les habitants reviennent depuis des années : côtelettes d'agneau sur la braise, fava onctueuse, poulpe et mezedes, face à la marina paisible. Bon rapport qualité-prix, validé par plus de mille cinq cents avis.
- Seariani Fish & More poisson au poids · ~45–65 € (~CAD 70–100)/kg
La psarotaverna de référence d'Ermoupoli, près du port : le poisson frais du jour dans la vitrine réfrigérée — le fagri (daurade royale) grillé entier au ladolemono, le barbouni (rouget) frit — qu'on choisit soi-même au poids.
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Prekas — produits du terroir produits du terroir au poidsLa petite épicerie de terroir de la rue Chiou : les câpres sauvages cueillies à la main sur les falaises arides du nord, les tomates séchées au soleil, le critamo (fenouil de mer) et le San Michali au comptoir — tout produit sur l'île. On goûte avant d'acheter.
- Ellinikon Kafeneio freddo ~3–4 € (~CAD 5–6) · brunch léger ~8–12 € (~CAD 12–18)
Le café de la place Miaouli, dans un bâtiment néoclassique du XIXe : un freddo espresso le matin, à la terrasse, pendant qu'Ermoupoli s'éveille autour de la façade de marbre de l'hôtel de ville. Le tempo lent du voyage.
- Stin Ithaki tou Ai ~15–25 € (~CAD 23–40)/pers
Une petite taverne de cuisine traditionnelle où chercher la pasturmadopita — la tourte au pastrami grec, héritage d'Asie Mineure. (Adresse à confirmer sur place : le géocodage la place au centre d'Ermoupoli, mais on la dit dans la ville haute — vérifier en arrivant.)
- To Tsipouradiko tis Mirsinis ~15–25 € (~CAD 23–40)/pers (mezedes + tsipouro)
Une taverne de mezedes sur le front de mer d'Ermoupoli, pleine de gens d'ici — le test qui ne ment pas. Petites assiettes à partager autour d'un verre de tsipouro, l'eau-de-vie maison. Pas de carte plastifiée, pas de photos de plats.
- Boucherie Roussounelos charcuterie à emporter, au poids
La charcuterie de la famille Roussounelos depuis 1950, au cœur d'Ermoupoli — c'est ici qu'on prend la louza, la longe de porc séchée aux vents de l'hiver. Un bâtiment sur trois étages : réfrigération en bas, vente au rez, atelier en haut.
La mer & les criques
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Crique de Delfini accès libre (transats payants et beach bar en saison)À une vingtaine de minutes de marche au nord de Kini, une crique abritée à l'eau turquoise et cristalline, protégée du Meltemi par les collines. Des tamaris pour l'ombre, un fond mi-sable mi-galets — on entre par le passage sablonneux (des oursins sur les rochers : chaussures d'eau). La baignade tranquille du voyage.
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Plage de Kini accès libreLe village de pêcheurs de la côte ouest, sa baie de sable orientée plein ouest et ses barques qui rentrent au crépuscule. L'eau est claire et peu profonde, et c'est d'ici qu'on part vers les criques sauvages du nord. Le plus beau coucher de soleil de l'île.
- Megas Gialos accès libre (transats payants en saison)
Au sud de l'île, une longue plage de sable fin au fond d'une baie abritée entre les collines — l'eau y reste calme même quand le Meltemi agite le reste de Syros. Des tamaris pour l'ombre, l'accès en bus. Le plan B des locaux les jours de grand vent.
- Grammata accès libre · excursion bateau ~25–40 € (~CAD 40–60)/pers depuis Kini
La baie sauvage du nord-ouest, accessible seulement par bateau depuis Kini. Les marins romains et byzantins y attendaient que le Meltemi tombe et gravaient leur nom dans la roche — on nage aujourd'hui dans la même eau turquoise, au-dessus des mêmes inscriptions. Aucune installation : on apporte tout.
À voir, si ça te tente
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Loukoumi Leivadaras (confiserie) quelques € la boîteUne des confiseries historiques d'Ermoupoli, où le loukoumi se fait encore à la main au chaudron de cuivre. La porte d'entrée gustative du voyage : la première bouchée est déjà une mémoire de réfugiés. Commander la rose ou le mastic.
- Distillerie Makryonitis dégustation sur place · produits à l’achat
La seule distillerie de Syros, à Vari : le tsipouro distillé des cépages de l'île (pas de souma ici — la souma, c'est une affaire du Dodécanèse) et l'eau-de-vie de figues fraîches cueillies à la main en août. Dégustation sur place, sur rendez-vous.
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Théâtre Apollon visite ou spectacle selon le programmeLa « Piccola Scala » des Cyclades : un opéra de 350 places bâti en 1862–1864, inauguré avec un Verdi. Quand la bourgeoisie marchande a voulu prouver qu'elle était civilisée à l'européenne, elle a construit ça — avant un hôpital. Toujours en activité.
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Place Miaouli & Hôtel de Ville accès libreLe cœur civique d'Ermoupoli : une grande place de marbre dominée par l'Hôtel de Ville néoclassique d'Ernst Ziller (1876–1898), la statue de l'amiral Miaoulis au centre. Le soir, tout le monde y déambule sous les arcades.
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Quartier Vaporia accès libreLes manoirs des armateurs du XIXe, plongeant à pic dans la mer. Le nom vient des vapori, les bateaux à vapeur qui ont fait la fortune d'Ermoupoli. L'argent maritime coulé en marbre et en fresque — et des escaliers publics qui descendent se baigner au pied des rochers.
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Ano Syros & cathédrale San Giorgio accès libre (montée à pied ~20 min, ou bus)La cité médiévale fondée par les Vénitiens vers 1200, catholique, surnommée « L'isola del Papa ». Ruelles étroites anti-pirates, la cathédrale San Giorgio au sommet (et le plus vieil orgue de Grèce). C'est elle qui explique pourquoi Syros a pu accueillir les réfugiés de 1822.
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Musée Industriel d'Ermoupoli ~4 € (~CAD 6) · mar–sam 8h30–15hQuatre usines du XIXe reconverties en musée : tannerie, fonderie, tissage, fabrique de peinture. 300 objets qui racontent d'où venait l'argent — coton d'Égypte, peaux du Levant — et les chantiers Neorion à côté, « première industrie lourde des Balkans ».
Le carnet de bouche
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Agneau & chevreau — la table du nordL'autre versant de la cuisine de Syros : pas la mer, mais le nord aride, l'Apano Meria. Le gigot d'agneau braisé à la marjolaine sur des hilopites tirées à la main, les côtelettes (paidakia) et le chevreau grillés au feu de bois. À chercher au bout de la route, à Plakostroto (San Michalis), avec la vue sur les îles voisines au coucher du soleil — réserver la veille.
- Câpres sauvages & critamo d'Apano Meria
Le terroir du nord aride en bocal : les câpres qui poussent sauvages sur les falaises d'Apano Meria, cueillies à la main et conservées en saumure, et le critamo (fenouil de mer), la plante marine croquante qu'on confond avec le fenouil ordinaire. Avec les tomates séchées au soleil, c'est ce qu'on rapporte de chez Prekas, rue Chiou.
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Horiatiki au San MichaliLa salade grecque de l'été — tomates mûres, concombre, oignon rouge, olives, origan, huile d'olive — mais à Syros on remplace souvent la feta par un éclat de San Michali, le fromage de vache AOP de l'île, plus complexe. Les tomates, les câpres sauvages et le critamo viennent de l'arrière-pays aride. Le légume frais comme religion.
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Loukoumi & halvadopita — le sucre de l'exilLa vraie spécialité de Syros n'est pas née ici : elle est arrivée dans les bagages des réfugiés de Chios, après les massacres ottomans de 1822. Le loukoumi se fait encore à la main au chaudron de cuivre, parfumé à la rose ou au mastic de Chios ; la halvadopita, c'est un nougat dense au miel et aux amandes, pris entre deux fines gaufrettes. Les deux sont inscrits au patrimoine immatériel grec depuis 2019. Commander la version rose ou mastic — les variantes aux fruits sont récentes et moins intéressantes.
- Louza de Syros
La charcuterie de l'île : une longe de porc salée, marinée dix jours dans le vin rouge avec cannelle, piment de la Jamaïque, girofle et poivre, puis séchée six à huit semaines. Ce sont les vents froids de l'hiver syriote qui font le travail — le terroir, encore. La famille Roussounelos la fait depuis 1950, dans un atelier sur trois étages au cœur d'Ermoupoli. Plus épicée et plus longuement macérée que sa cousine de Mykonos ou de Tinos — un détail que les gens d'ici ne manquent pas de souligner. À déguster en fines tranches, froide, en entrée.
- Pasturmadopita — la tourte d'Asie Mineure
Dans la ville haute catholique d'Ano Syros, une tourte au fromage fondu et au pastrami grec (pastourma), héritée directement de la cuisine d'Asie Mineure — la même mémoire de migration que le loukoumi sur le port, mais en salé. À chercher dans une petite taverne de quartier comme Stin Ithaki tou Ai. (Adresse à confirmer sur place : Ano Syros se rejoint à pied depuis Ermoupoli, une montée d'une vingtaine de minutes, ou en taxi.)
- Le poisson du jour — fagri & barbouni
Pour sortir du « poisson frais » générique : le fagri (daurade royale), gros poisson argent-rosé qu'on grille entier et qu'on arrose de ladolemono (huile d'olive et citron) — le poisson de fête. Et le barbouni (rouget), petit, frit en groupe, à manger avec les doigts en mezé. À Ermoupoli, on les choisit soi-même dans la vitrine réfrigérée de Seariani.
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Poulpe grillé au charbon (chtapodi sta karvouna)La tentacule séchée un moment au soleil puis saisie sur les braises jusqu'à ce qu'elle soit dorée et fumée, servie tiède avec un filet d'huile d'olive, du vinaigre et de l'origan. À Kini, le poulpe sèche encore sur une corde devant les tavernes du port — on le mange face à la mer, sur la plage d'Allou Yialou, pendant que le soleil descend.
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San Michali — le fromage le plus cher de GrèceFromage à pâte dure au lait de vache, fabriqué seulement dans le village de San Michalis, au nord aride de Syros. Les vaches broutent les herbes sauvages de l'Apano Meria ; quatre à huit mois d'affinage en font quelque chose de singulier — les Grecs l'appellent « le parmesan grec ». AOP depuis 1996, et le fromage grec AOP le plus cher au kilo. Quasi introuvable hors des Cyclades : exactement le genre de produit qui justifie le détour. À prendre en table de fromages, avec des noix et du miel.
- Tsipouro de Syros (pas de souma)
L'eau-de-vie de l'île, c'est le tsipouro — distillé des marcs de raisin, sec et droit, qu'on boit en accompagnant les mezedes. À Vari, la distillerie Makryonitis le tire des cépages de Syros et fabrique aussi une eau-de-vie de figues fraîches cueillies à la main en août. (La « souma », elle, est une affaire du Dodécanèse — pas d'ici.)