Panay
La porte d'entrée gourmande des Visayas, des cantines d'Iloilo aux îlots de pêcheurs.
L'entrée en matière — Angeles City On commence pas à Iloilo. On commence à Angeles City, dans une carinderia sous des néons qui clignotent, avec une assiette de sisig qui chante sur la plaque de fonte. Aling Lucing, Glaciano Valdez Street — l'endroit exact où Lucia Cunanan a inventé le sisig en 1974 avec les têtes de cochon que les militaires américains de Clark Air Base jetaient aux ordures. Ce que Bourdain a appelé « the greatest drunk food in the world ». On n'arrive pas à Iloilo la tête vide.
La base — Iloilo, ville UNESCO de la gastronomie Iloilo City te happe par le ventre avant de te parler d'histoire. Première UNESCO Creative City of Gastronomy des Philippines depuis octobre 2023 — mais dans la vraie vie, ça veut dire qu'on arrive au marché de La Paz à 7h du matin, on s'assoit dans la boucan de la salle étroite de Deco's fondée en 1938, et on reçoit un bol de batchoy : miki épais, couenne croustillante, intestins de cochon, bouillon chargé de crevettes séchées, nappe de chicharon pilé. Le genre de soupe que les Ilonggo mangent au déjeuner et au déjeuner indifféremment.
Iloilo, c'est le secret le mieux gardé de la table philippine.

Le sisig original — avant même de prendre l'avion
Aling Lucing a inventé ce plat en 1974 avec ce que les militaires américains de Clark Air Base jetaient aux ordures : des têtes de cochon, des oreilles, des joues. Aujourd'hui, la plaque de fonte grésille sur Glaciano Valdez Street et le sisig est partout aux Philippines — mais c'est ici que ça a commencé. Bourdain l'a dit devant caméra : « the greatest drunk food in the world ».
Aling Lucing Sisig, Glaciano Valdez Street, Angeles City. Sisig kapampangan original — tête de cochon, oeuf cru qu'on mélange sur la fonte brûlante, calamansi pressé. C'est gras, croustillant, légèrement acidulé. C'est la première bouchée du voyage, et elle donne le ton.
On n'arrive pas à Iloilo la tête vide.

Le batchoy de Deco's — fondé en 1938, toujours debout
Au marché de La Paz, la salle étroite de Deco's n'a pas changé de vocation depuis 1938. Le batchoy, c'est la soupe-identité d'Iloilo : miki épais, couenne croustillante, intestins de cochon, bouillon chargé de crevettes séchées, nappe de chicharon pilé par-dessus. Les Ilonggo en mangent le matin, à midi, le soir — sans distinction. Un peu plus loin, le kinilaw d'Iloilo — vinaigre de noix de coco, gingembre, piment oiseau, lait de coco — est la version locale du ceviche, plus tranchante et plus franche.
Deco's Original La Paz Batchoy, marché de La Paz — arriver avant 8h pour éviter la file. Pour le kinilaw, Tatoy's Manokan & Seafoods à Villa Beach, district d'Arevalo : le poisson blanc est mariné au vinaigre de coco, servi avec du riz. Le genre de repas qui reste en mémoire.
Iloilo, UNESCO Creative City of Gastronomy — mais dans la vraie vie, ça goûte comme ça.

Les talaba de Molo — ouvertes devant soi, calamansi et bière froide
Le quartier de Molo, à quinze minutes de taxi d'Iloilo, c'est l'autre monde. Les maisons coloniales, l'église baroque, et Stanley Talabahan sur pilotis au-dessus de l'eau. Des huîtres fraîches ouvertes devant soi, calamansi pressé, sauce noire, bière froide. La commande s'arrête seulement quand on lève la main.
Stanley Talabahan, quartier de Molo. Commander les talaba au calamansi et la sauce noire en extra. Aller en fin d'après-midi, quand la lumière tape sur l'eau et que la salle commence à se remplir de familles locales. Garder de la place pour les pancit Molo si le serveur insiste — la soupe aux wontons ilonggo mérite qu'on l'essaie.
Des huîtres fraîches, une bière froide, les pieds dans l'air au-dessus de l'eau. C'est tout ce qu'il faut.

Un peso la coquille Saint-Jacques — on en a perdu le compte
Trois heures de bus jusqu'à Carles, puis un pump boat d'une heure depuis Bancal vers le nord — et l'archipel de karst et d'eau jade s'ouvre. À Cabugao Gamay, la petite île en forme de champignon avec son banc de sable blanc, on comprend pourquoi les photos deviennent virales. Au Tangke Lagoon, l'eau est tellement transparente qu'on distingue le fond à six mètres. Et les scallops de Gigantes Norte — à un peso pièce (~3 ¢ CA), cuites à la vapeur dans leur coquille sur le bord d'un bateau de bois. On en mange trente. Cinquante. On perd le compte.
Prendre le premier bus Ceres Liner pour Carles depuis Iloilo (départ tôt le matin). Organiser le pump boat depuis le port de Bancal. Priorité : Cabugao Gamay en matinée avant les groupes, Tangke Lagoon après. Les scallops se commandent directement aux pêcheurs ou aux comptoirs de plage de Gigantes Norte — à la vapeur, pas frits.
On en mange trente. Cinquante. On perd le compte.

La piscine de calcaire — l'eau à six mètres de profondeur sous les yeux
Le Tangke Saltwater Lagoon, c'est une piscine naturelle enfermée dans des falaises de calcaire — l'eau est tellement transparente qu'on voit le fond à six mètres, et les parois karstiques tombent à pic de chaque côté. C'est le genre d'endroit qu'on pensait réservé aux screensavers. La séquence parfaite pour finir les Gigantes avant de reprendre le bateau.
Inclure Tangke dans la tournée des Gigantes — en général, les pump boats organisent la boucle Cabugao Gamay → Bantigue → Tangke en une journée. Y aller le matin tôt ou en fin de journée quand la lumière est basse. Le site peut être fermé par forte houle — vérifier la météo avant de partir de Bancal.
C'est ça, Panay. La mer et la table, dans l'ordre qui convient.
Ce que la caméra a pas eu le temps de filmer
Le carnet de bouche Avant de filer vers Negros : le sisig d'Aling Lucing à Angeles, le batchoy de Deco's au marché de La Paz, les huîtres de Stanley Talabahan à Molo, le kinilaw de Tatoy's à Villa Beach, et les scallops à un peso pièce dans le lagon des Gigantes. Le carnet a les adresses, les liens, les prix, et le budget complet.
Une séquence parfaite : la graisse de Pampanga, la soupe de La Paz, les huîtres de Molo, les lagons de Gigantes. Les 15 adresses de Panay — où dormir, où manger, où nager — vivent dans le carnet, avec leurs liens, leurs prix, et le budget complet. L'épisode, c'est l'apéro ; le carnet, c'est l'outil. Prochain arrêt : Negros.
← Retour au survol du voyageCrédits photo
- Des huîtres fraîches ouvertes sur glace avec quartiers d'agrume —
Anima Visual · Unsplash
- Kinilaw — ceviche philippin de poisson cru au vinaigre et oignon rouge —
Silvia Trigo · Unsplash
- Les îlots et lagons des Gigantes vus du ciel — Panay, Philippines —
Bernd Dittrich · Unsplash
- Sisig kapampangan (original) —
SJ · Unsplash
- Un banc de sable blanc cerné d'une eau turquoise, l'esprit des îlots des Gigantes —
Alejandro Luengo · Unsplash
- Un lagon d'eau turquoise cerné de falaises karstiques tropicales, Philippines —
Mario von Rotz · Unsplash
Sisig de Pampanga · batchoy d'Iloilo · scallops de Gigantes
Étape ordi, une seule fois : télécharge le fichier sur ton ordinateur, importe-le dans mymaps.google.com (Créer une carte → Importer). La carte apparaît ensuite dans l’app Google Maps de ton téléphone — Enregistrés → Cartes — offline inclus. Le fichier ne s’ouvre pas directement sur iPhone (Google n’a plus d’app My Maps). Sur le terrain, les pills « Maps » de chaque lieu font la job en un tap.
Où dormir
- Smallville 21 Hotel ₱2 800–3 500 (~CAD 65–80)
Hôtel solide au cœur du quartier resto/bar de Smallville — tout à pied, propre, moderne, prix honnête.
le récit
L'hôtel qui répond à la question pratique : où dormir sans se compliquer la vie à Iloilo ? Smallville Complex, c'est le quartier qui mange, qui boit, qui se promène. On sort de la chambre et on est dans les restaurants. Piscine sur le toit, chambres propres, staff correct. Pas romantique, efficace.
Sources : Ilonggo Traveler
- Casa Marta Hotel ₱3 200–4 000 (~CAD 75–95)
Maison de ville transformée en petit hôtel avec piscine intérieure et petit-déj philippin fait maison chaque matin.
- Arjan Beach Resort ₱800–1 500/chambre (~CAD 20–35) selon AC/fan
Resort face à la mer sur Gigantes Norte avec chambres AC et fan, couchers de soleil depuis la plage, scallops frais à 50 mètres.
le récit
Sur une île sans électricité 24h/24, sans ATM, sans signal stable, Arjan tient la route. 9 chambres (AC ou fan), une équipe qui organise les tours, assign un assistant au groupe pour toute la durée du séjour. Le coucher de soleil depuis la plage de l'hôtel justifie le déplacement à lui seul. Précommander les repas à l'avance — la cuisine ferme tôt.
Sources : Lakbay Pinas · A Wanderful Sole
À table
- Aling Lucing Sisig ₱180–250 (~CAD 4–6) par portion
L'adresse originelle du sisig, inventé ici en 1974 — pas de mayo, pas d'œuf, juste porc brûlé, oignons, calamansi sur plaque de fonte.
le récit
Lucia 'Aling Lucing' Cunanan a créé ce plat par accident en 1974 — une oreille de cochon brûlée qu'elle ne voulait pas gaspiller, hachée menu, mélangée avec des oignons, du calamansi et du piment. Les têtes de cochon venaient de la Clark Air Base américaine voisine. Bourdain a mangé ici et a dit que c'était la meilleure bouffe de brosse du monde. Le reste de la planète a suivi.
Sources : The Daily Phil · Zoy to the World
- Deco's Original La Paz Batchoy (depuis 1938) ₱80–120 (~CAD 2–3)
L'ancêtre — Federico 'Deco' Guillergan a inventé le batchoy ici même en 1938, dans ce marché, avec les restes du boucher.
le récit
En 1938, Federico Guillergan Sr. était boucher au marché de La Paz. Il vendait du bouillon. Un client a demandé des nouilles. Le batchoy est né. Quatre-vingt-sept ans plus tard, le stall est toujours là, toujours dans le marché, toujours bondé à 7h du matin. L'ambiance cramped et la lumière fluorescente font partie de l'expérience.
Sources : The Happy Trip · Zoy to the World
- Tatoy's Manokan & Seafoods ₱400–900/personne (~CAD 10–22)
Sur la plage de Villa Arevalo, l'institution des locaux depuis les années 70 — kinilaw, talaba, poulet rôti natif brûlé juste comme il faut.
le récit
Tatoy était pêcheur avant d'être restaurateur. Il savait où les poissons se nourrissaient, quand les huîtres étaient grasses, comment ne pas gâcher la fraîcheur avec une sauce trop compliquée. Cinquante ans plus tard, la maison en bois sur la plage de Villa Arevalo tient encore. Le kinilaw de Tatoy's — ceviche au vinaigre de coco, gingembre, piment — c'est la version qui rend les autres pâles.
Sources : FEATR / Erwan Heussaff · Guide to the Philippines
- Stanley Talabahan ₱200–500/personne (~CAD 5–12)
Cabane sur pilotis au-dessus de l'eau dans Molo — huîtres fraîches, bière, brise de mer, vue sur Guimaras.
le récit
Pas de fenêtres, sol en planches, toit en tôle, et l'eau de Guimaras Strait qui clapote en dessous. Les huîtres coûtent presque rien et arrivent fraîches du matin. Ce genre de place-là ne se retrouve pas dans les guides de voyage — un Ilonggo te l'indique, et tu comprends pourquoi ils y reviennent depuis trente-cinq ans.
Sources : FEATR / Erwan Heussaff · Adventure.com / Sarah Gillespie
- Comptoirs de scallops de Gigantes Norte (stalls de plage) ₱1/scallop, ₱200/kg (~CAD 5/kg)
Pas un restaurant — des vendeurs locaux sur la plage de Langub qui cuisent les Saint-Jacques à la vapeur devant toi pour 1 peso pièce.
À voir et à faire
- Marché de La Paz Gratuit
Le berceau du batchoy depuis 1938 — marché public rouvert en décembre 2024 après rénovation, les stalls historiques toujours en place.
le récit
À 7h du matin, La Paz Market gronde de l'intérieur. Les cocottes fument, les cuillères raclent les bols, les Ilonggo commandent leur batchoy comme d'autres commandent un café. C'est ici que le plat a été inventé, ici qu'il se mange encore dans sa version la plus brute. Rouvert en décembre 2024 après une rénovation qui a préservé l'âme du lieu.
Sources : The Happy Trip
- Île Cabugao Gamay ₱50 (inclus dans la plupart des tours) (~CAD 1)
L'image de carte postale de Gigantes — banc de sable blanc, eau turquoise, rocher calcaire avec belvédère à 360°.
le récit
Cabugao Gamay n'est pas un secret. Mais même en sachant que c'est la plus photographiée des Gigantes, en débarquant du bateau sur ce banc de sable blanc encadré d'eau jade, on comprend pourquoi l'image tourne. La montée au belvédère — cinq minutes d'escalier taillé dans le calcaire — donne une vue à 360° sur l'archipel.
Sources : Lakbay Pinas
- Tangke Saltwater Lagoon Inclus dans le tour d'island hopping
Piscine naturelle d'eau salée enfermée dans des falaises de calcaire — eau jade transparente jusqu'au fond, accessible à marée basse seulement.
le récit
Le 'tank' — c'est ce que tangke veut dire en tagalog. Une piscine naturelle de plusieurs centaines de mètres carrés, scellée par des parois de roche, remplie d'eau de mer par des fissures étroites dans la roche. La lumière qui filtre par les ouvertures dans les falaises crée une couleur qu'on ne peut pas reproduire en photo. Fermé en septembre (houle). En février, conditions parfaites.
Sources : Suroy.ph · Gigantes Island Tour
- Villa Beach (Arevalo District) Gratuit (restaurants à la discrétion)
Le bord de mer des Ilonggo — restaurants sur pilotis, couchers de soleil sur Guimaras, ambiance locale loin du tourist trap.
- Église baroque de Miagao (UNESCO) Gratuit (offrande suggérée)
Église fortifiée du XVIIIe siècle classée UNESCO — façade baroque chargée de bas-reliefs, saint Christophe parmi les cocotiers.
- Port de Bancal (Carles) ₱75 environmental fee (Carles Tourism Office) (~CAD 2)
Point de départ vers les Gigantes — pump boats au matin, marché de poissons sur le quai, logistique à gérer la veille.
- Kawa Hot Bath — Tibiao, Antique (optionnel) ₱250/personne (~30 min) (~CAD 6)
Le bain original dans une marmite géante chauffée au feu de bois, avec herbes et pétales — inventé ici dans les années 90, copié partout ailleurs.
Le carnet de bouche
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Kinilaw ilonggo (ceviche au vinaigre de coco)Tranches de poisson blanc (managat, tanigue) marinées à cru dans du vinaigre tuba (vinaigre de sève de cocotier), gingembre frais, échalotes, piment oiseau et lait de coco. Servi froid. Texture : ferme à l'extérieur, fondant au centre. Distinct du ceviche sud-américain — moins acide, plus umami.
le récit
Le kinilaw ilonggo est antérieur à la colonisation espagnole. La version de Tatoy's — avec vinaigre tuba de la région de Cabatuan et lait de coco de Guimaras — est considérée par Erwan Heussaff et plusieurs food writers comme la référence dans la ville. La mer est à 50 mètres du restaurant.
Sources : FEATR / Erwan Heussaff · Adventure.com / Sarah Gillespie
- La Paz Batchoy
Bol de nouilles miki épaisses dans un bouillon de porc chargé de guinamos (pâte de crevettes fermentées). Garni d'intestins et foie de porc, de moelle osseuse et d'une neige de chicharon pilé. Prix 2024 : ₱80 (régulier) à ₱130 (méga). Illimité en caldo sur demande.
le récit
Federico Guillergan Sr. était boucher au marché de La Paz en 1938. Il vendait du bouillon, un client a demandé des nouilles, le batchoy est né. La recette utilise le guinamos — pâte de crevettes fermentées — qui donne au bouillon sa profondeur umami unique. Aucun équivalent exact ailleurs aux Philippines.
Sources : The Happy Trip · Jay Exiomo
- Pancit Molo (soupe aux wontons ilonggo)
Wontons maison farcis de porc haché assaisonné, servis dans un bouillon de poulet clair avec ail frit et oignons verts. Pâte épaisse distincte du wonton cantonais. Aucun féculent ou vermicelle — uniquement les dumplings. Prix : ₱80–120 selon la maison.
le récit
Le pancit molo est né dans le quartier de Molo d'Iloilo, où vivaient les commerçants chinois au XIXe siècle. La version maison de la Panaderia de Molo — fondée dans les années 1800 par les sœurs Jason — est considérée comme la version la plus authentique restante. Kap Ising's offre une version contemporaine réputée également. Comfort food philippin dans toute sa simplicité.
Sources : Adventure.com / Sarah Gillespie · Visit Iloilo City
- Scallops à la vapeur de Gigantes Norte
Coquilles Saint-Jacques locales (kapis) cuites à la vapeur dans leur coquille sur réchaud de bois, à même la plage ou le pont du bateau. Chair ferme, eau de mer naturellement salée, goût iodé sans excès. Prix : ₱1 pièce (~₱200/kg). Aussi disponibles grillées à l'ail, en adobo ou en ginataang scallops (lait de coco).
le récit
Gigantes Norte est surnommée la 'Scallops Capital of the Philippines.' Les mollusques se reproduisent dans les eaux calmes et profondes autour de l'archipel. À ₱1 pièce, c'est l'absurdité joyeuse du voyage : on en commande cinquante, on perd le compte, on recommande. Le wasay-wasay — palourde géante locale — accompagne à mi-chemin entre l'huître et la clam.
Sources : Lakbay Pinas · A Wanderful Sole
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Sisig kapampangan (original)Oreilles et joues de porc grillées, hachées grossièrement, mélangées à des oignons crus, du calamansi local et du piment oiseau. Servi sur une plaque de fonte brûlante qui crépite à table. Sans mayo, sans œuf — la version originale d'Aling Lucing. Texture : croustillant à l'extérieur, gras et humide à l'intérieur.
le récit
Inventé en 1974 par Lucia Cunanan à partir des têtes de cochon que les militaires américains de Clark Air Base jetaient. Accident culinaire transformé en plat national. Bourdain l'a mangé ici et l'a appelé 'the greatest drunk food in the world.' C'est le plat qui ouvre le voyage vers Panay.
Sources : The Daily Phil · Simpol.ph — Sisig History
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Talaba (huîtres fraîches) au calamansiHuîtres locales servies crues à la douzaine, ouvertes à table, avec calamansi (citron vert philippin) et sauce soja-ail. Aussi disponibles grillées (sinuglaw) ou en tinola. Prix : ₱80–120 la douzaine chez Stanley Talabahan.
le récit
Les huîtres d'Iloilo viennent des bancs de Guimaras Strait — la même bande d'eau qui sépare Panay de l'île de Guimaras. Stanley Talabahan sur pilotis dans Molo les sert depuis des décennies, dans une cabane à toit de tôle où les familles ilonggo passent les samedis après-midi à boire de la San Miguel et à ouvrir des huîtres. Le prix n'a presque pas bougé.
Sources : FEATR / Erwan Heussaff · I Am Traveling Light
- Tsokolate de Batirol au cacao de Guimaras
Chocolat chaud préparé à la main avec un fouet de bois (batirol) dans un pot en métal haut. Cacao provenant de Guimaras Island, fruité et légèrement acidulé — rien à voir avec le cacao sucré industriel. Texture : légèrement granuleuse, dense. Servi avec biscocho (toast beurré local).
le récit
Le cacao de Guimaras est aux Philippines ce que le cacao de Oaxaca est au Mexique — un produit d'appellation de fait, pas encore de nom, reconnu par les chefs et les food travellers qui font l'effort de traverser vers l'île. Le tsokolate de batirol d'Iloilo, préparé à la main et sans ajout de sucre, est la version la plus directe de ce goût.
Sources : Adventure.com / Sarah Gillespie
Pépites locales
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Bantigue Sandbar — banc de sable mouvantBanc de sable blanc qui change de forme et de position selon les marées — parfois un trait fin de quelques mètres, parfois une île. Vendeurs de scallops qui arrivent en bateau directement.
le récit
Bantigue est instable — reviens deux fois à Gigantes et tu trouves un sandbar différent. Les vendeurs locaux savent y amarrer leur pump boat même quand le sable est sous l'eau. On mange des scallops les pieds dans l'eau tiède. C'est aussi basique et aussi bien que ça peut l'être.
Sources : Lakbay Pinas · Project Gora
- Coning's Talabahan — huîtres et poisson séché
Stand spécialisé dans le district de Molo — huîtres fraîches du matin et lison (poisson séché local) vendus ensemble. Pas de tables, ou presque. Cash seulement.
le récit
Erwan Heussaff y est allé avec des locals dans l'épisode Part 2 de FEATR Iloilo. C'est le genre de place qu'un tourist guide ne cite pas parce qu'il n'y a rien à photographier de propre — mais les Ilonggo y passent acheter leurs huîtres comme on va chez le poissonnier. La différence de fraîcheur avec les restaurants formels est réelle.
Sources : FEATR / Erwan Heussaff
- Ludy's Pension House — à 1 minute du port de Bancal
Pension familiale à Bancal, Carles — 12 chambres AC, 1 min à pied du port de départ vers Gigantes. Idéal pour un départ 6h du matin sans stress logistique.
le récit
Le trick de Gigantes que les vrais voyageurs font : dormir à Carles la veille au lieu de faire le trajet à la sauvette depuis Iloilo le matin. Ludy's Pension House est à une minute à pied du port de Bancal — réveille-toi à 5h30, mange, embarque à 6h. Pas de taxi, pas de bus 3h du matin. Prix : ₱600–900/nuit.
Sources : Gigantes Island Tour Guide
- Panaderia de Molo — boulangerie des années 1800
Boulangerie héritière du XIXe siècle dans le quartier de Molo — pancit molo authentique, biscocho et ensaymada locaux. L'un des rares établissements qui suit encore les recettes des sœurs Jason originales.
le récit
Fondée par les sœurs Jason dans les années 1800 à Molo, la Panaderia est une des dernières lignes directes avec la tradition culinaire ilonggo pré-guerre. La salle est petite, les tables en bois, le pancit molo arrive chaud dans un bol de faïence. Pas de réservation, pas de carte de crédit — et pas de raison d'aller ailleurs pour les wontons.
Sources : Adventure.com / Sarah Gillespie · Out of Town Blog
- Valeria Street Food Strip — abats grillés et inasal
Rue entière de grills ouverts en soirée à Iloilo City — isaw (intestins de poulet), pork barbecue, chicken inasal sur braise. Ambiance de quartier, prix dérisoires, clientèle 100% locale.
le récit
Ce n'est pas une adresse, c'est un quartier qui s'allume à la tombée du jour. Erwan Heussaff y est passé dans l'épisode Part 2 FEATR Iloilo. Les brochettes coûtent ₱15–25 pièce. On mange debout ou assis sur des tabourets en plastique. C'est le meilleur budget repas de la ville et l'endroit où on comprend comment mangent vraiment les Ilonggo à 20h un mardi.
Sources : FEATR / Erwan Heussaff