Kaş
Petite ville blanche sur la côte Lycienne, amphithéâtre antique en plein centre, pas de resorts all-inclusive. Le Loutro turc — perle côtière intime. Eau à 25°C.
Le Loutro turc On quitte le tuf pour la mer : vol Kayseri → Antalya, puis quatre heures de bus sur la D400, assis côté droit pour la côte qui défile. Kaş descend vers un port en demi-cercle, un amphithéâtre lycien planté en plein centre-ville, et l'île grecque de Kastellorizo à deux kilomètres en face qu'on regarde depuis la terrasse du petit-déjeuner. Pas de resort all-inclusive, pas de marina à yachts — une petite ville blanche qui vit à hauteur d'humain. C'est la pièce maîtresse du voyage : huit nuits exprès, le temps de s'installer, d'apprendre le rythme, et de devenir le client qui commande toujours la même table.
Le rythme : l'eau à 25 degrés, la table au port La côte Lycienne en septembre, c'est l'eau à vingt-quatre, vingt-six degrés, les foules d'été divisées par trois, et une visibilité sous-marine qui fait honte au reste de la Méditerranée. La journée tourne autour de l'eau : une crique le matin avant la chaleur, une sieste à l'heure creuse, une baignade au couchant. Et le soir, la table — la daurade sur une terrasse-jardin, le rakı au meyhane, le poisson qu'un patron de troisième génération nettoie devant toi. Les ruines lyciennes — Patara, Myra, Xanthos — sont partout autour, mais elles restent le décor d'un séjour qui se passe dans l'eau et à table.
Huit nuits à Kaş, c'est long exprès. C'est la pièce maîtresse de la côte Lycienne — une ville où on s'installe, où on apprivoise le rythme, où on devient le vieux qui commande toujours la même daurade chez Bi Lokma.

Cent quatre-vingt-sept marches vers le turquoise
C'est la crique archétypale de la côte Lycienne : une brèche dans la roche entre deux falaises à pic, cent cinquante mètres de galets dorés, une eau d'un turquoise impossible à inventer. Aucun resort, aucune marina — juste l'escalier qui descend de la route et la mer en bas. La photo qui hante l'imaginaire de la côte, et pour une fois la réalité écrase la carte postale.
Cent quatre-vingt-sept marches à descendre (prévoir des sandales, c'est raide) — la plage ouvre à 8h, et la fenêtre idéale est 8h30–10h, avant que les falaises perdent leur ombre et que la cohue arrive. Petite entrée municipale (~60 TL, ~CAD 3) pour les douches et les chaises. Filer vers le rocher de gauche pour moins de monde, et plonger directement du bord — l'eau devient profonde à dix mètres du rivage. C'est un site de tortues caretta : la plage peut fermer tôt en soirée, vérifier sur place.
Une eau turquoise électrique entre deux murs de calcaire blanc, au bout de cent quatre-vingt-sept marches. On descend, on plonge, et on comprend pourquoi on est venus jusqu'ici.

Une ville lycienne à fleur d'eau
Un séisme du IIe siècle a avalé une ville entière. Aujourd'hui, le long de l'île de Kekova, les fondations, les escaliers et les sarcophages lyciens affleurent sous un ou deux mètres d'eau si transparente qu'on les voit depuis le pont du bateau, sans plonger. C'est l'expédition de la semaine : on part en gulet du vieux port de Kaş, on glisse au-dessus de la cité fantôme, et on monte au château de Simena qui domine la baie.
Choisir un gulet local au vieux port — éviter les bateaux à sono et haut-parleurs. Important : la plongée et le snorkeling directement au-dessus des ruines sont interdits (zone protégée, amende à la clé) — les ruines se regardent depuis le bastingage, et on se baigne dans les baies voisines, comme l'Aquarium Bay, où l'eau est tout aussi turquoise. Monter à pied au château de Simena (Kaleköy, quinze minutes depuis le quai) pour la vue sur tout l'archipel. Le déjeuner est souvent servi à bord.
On se penche par-dessus le bastingage et on regarde dans une ville fantôme — des escaliers, des murs, des tombeaux à fleur d'eau. Pas besoin de plonger : le fond est si clair que la cité remonte vers toi.

Les mezze d'une mère, la baie en contrebas
On grimpe dans le quartier d'Andifli, au-dessus du port, jusqu'à Bi Lokma — une terrasse-jardin que les locaux indiquent à voix basse. Pas de bord de mer, pas de jetée : des tables en hauteur sous les arbres, la baie de Kaş et Kastellorizo qui s'ouvrent en contrebas, et une cuisine de mère de famille tenue depuis plus de vingt ans. Pas de carte plastifiée à photos, pas de chichi — des mezze faits à la main et le poisson du jour.
Monter en terrasse avant le coucher du soleil, vers 19h, pour la lumière dorée sur la baie. Commencer par le plateau de mezze froids — aubergine fumée au yaourt, haydari, salade de poulpe en saison — puis le poisson du jour grillé, un verre de rakı coupé à l'eau. Réserver (WhatsApp). C'est la table tranquille du séjour, celle où on revient, où on devient un habitué en huit nuits.
Une terrasse sous les oliviers, les mezze d'une mère qui cuisine pour de vrai depuis vingt ans, et la baie qui s'allume en contrebas. Le genre d'adresse qu'on ne trouve pas — qu'on te confie.

On débarque, et on change d'époque
Juste en face du vieux port, mais inaccessible en voiture : Limanağzı est une baie qu'on n'atteint qu'en taxi-eau ou par le sentier Lycien. On débarque du bateau et on entre dans une autre époque — les pins jusqu'à l'eau, les cigales, quelques tables sur pilotis, et un fond marin qui grouille. Pas d'hôtel, pas de tour bus, juste les rochers et la mer à vingt-quatre, vingt-six degrés.
Prendre le taxi-eau au kiosque du vieux port (environ 350 TL aller-retour, ~CAD 19 — vérifier l'heure du dernier retour, souvent vers 17h–18h), ou marcher une heure trente par le sentier Lycien. Plusieurs beach clubs simples se partagent la baie (Bilal'in Yeri, Nuri's Beach, La Moda) : on s'installe à l'ombre, on snorkèle autour des rochers — barracudas, poissons-trompette, parfois une tortue — et on demande si le poisson ou le poulpe grillé est dispo ce jour-là. La baignade longue, celle où on ne fait rien.
Aucune route ne s'y rend. On monte dans une barque, on traverse cinq minutes, et on débarque dans une baie où il n'y a que les pins, les cigales et l'eau. Le luxe, c'est l'absence.

Le petit-déjeuner turc, une île grecque en face
Se loger à Kaş, c'est aussi choisir son réveil. Au Hideaway, petit hôtel-boutique collé à l'amphithéâtre antique, la terrasse-toit donne plein sud sur la Méditerranée et sur Kastellorizo — l'île grecque à deux kilomètres, la frontière maritime la plus absurde de la Méditerranée. Confortable et douillet sans être luxe : exactement le genre d'endroit où on traîne au petit-déjeuner.
Demander une chambre Deluxe ou Sea View pour le balcon. Descendre tôt sur la terrasse pour le buffet turc — fromages de chèvre, olives, œufs, miel, tomates qui goûtent la tomate — dans la lumière fraîche du matin, le Meis en face. Le soir, le bar de toit pour un verre avec l'île grecque éclairée à l'horizon. C'est la scène qui justifie à elle seule de s'installer plutôt que de passer.
On se lève, on monte sur le toit, et la première chose qu'on voit avec son café, c'est une île grecque à deux kilomètres. Le petit-déjeuner turc devant une frontière qui n'a aucun sens : on reste une heure de plus.
Ce que la caméra a pas eu le temps de filmer
Le carnet de bouche Avant la dernière base : la crique de Kaputaş, la cité engloutie de Kekova, les mezze de Bi Lokma et le réveil sur Kastellorizo. Et tout le reste — le Lagos buğulama de Mercan, l'institution de 1956 où Mustafa Eriş, troisième génération, nettoie encore le poisson devant toi (le restaurant a quitté le port pour l'entrée de Kaş) ; la soirée meyhane chez Beyhude ou Salkım Ocakbaşı, le rakı en carafe et les mezze qui défilent après 21h, depuis que le vieil İkbal a fermé ; la plongée chez Dragoman sur l'épave du Dakota et ses tortues ; le petit-déjeuner paysan de montagne à Pello Kalkan, au village de Bezirgan ; et le marché du vendredi, le Cuma Pazarı, les femmes Yörük et les fromages de chèvre. Le carnet a les adresses, les liens, les prix, et le budget complet du voyage.
Huit nuits pour s'installer vraiment — la crique de Kaputaş, la cité engloutie de Kekova, les mezze de Bi Lokma, et le réveil sur une île grecque à deux kilomètres. Les 18 lieux de Kaş — où dormir, où manger, où nager, où plonger — vivent dans le carnet, avec leurs liens, leurs prix, et le budget complet du voyage. L'épisode, c'est l'apéro ; le carnet, c'est l'outil. Dernière base : Fethiye et Kayaköy, le slow finish — le fish market où on choisit son poisson, le mangal aux braises, et le village fantôme à la lumière du soir.
← Retour au survol du voyageCrédits photo
- La ville blanche de Kaş aux toits rouges descendant vers son port plein de bateaux, une presqu’île et des collines, la Méditerranée bleue. —
Arthur Shuraev · Unsplash
- Un bateau longe la colline de Simena (Kekova) : maisons à toits rouges, le château au sommet avec un drapeau turc, l’eau turquoise au premier plan. —
Seval Torun · Unsplash
- Un étal turc de produits frais — fromages, olives, mezze — sous une enseigne « TAZE-TEMİZ », denrées du matin alignées. —
Andreea Munteanu · Unsplash
- Un plateau de mezze — houmous, taboulé, pommes de terre épicées, petits chaussons frits et pointes de pita grillée. —
Zoshua Colah · Unsplash
- Une crique méditerranéenne sauvage vue de haut : des pins qui descendent jusqu’à une eau turquoise cristalline, un petit bateau au mouillage. —
Marvin Tendies · Unsplash
- Une table de petit-déjeuner turc — fromages, olives, œufs, confitures, pain — sur une terrasse en bois, la mer et les collines en arrière-plan. —
Joop Laan · Unsplash
- Vue aérienne d’une eau turquoise cristalline de la côte près de Kaş, une pointe rocheuse couverte de pins, un petit bateau. —
Hazal Ozturk · Unsplash
- Vue plongeante sur la crique de Kaputaş : une eau qui passe du turquoise à l’émeraude, une plage claire, des baigneurs et un paddle. —
Aleksandr Kuzmenko · Unsplash
Côte Lycienne · Petite ville sans resorts · Eau à 25°C
Étape ordi, une seule fois : télécharge le fichier sur ton ordinateur, importe-le dans mymaps.google.com (Créer une carte → Importer). La carte apparaît ensuite dans l’app Google Maps de ton téléphone — Enregistrés → Cartes — offline inclus. Le fichier ne s’ouvre pas directement sur iPhone (Google n’a plus d’app My Maps). Sur le terrain, les pills « Maps » de chaque lieu font la job en un tap.
Où dormir
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Hideaway Hotel Kaş ~55–70 €/nuitRue résidentielle calme, 5 min à pied du port et de l'amphithéâtre Lycien. Pension familiale tenue par Ahmet — terrasse sur le toit vue mer, petit-déjeuner turc généreux (olives, fromage de chèvre, miel du village).
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Gardenia Hotel Kaş ~110–140 €/nuitCentre Kaş, 50 mètres du front de mer, vue sur la baie Meis. Boutique 16 chambres, design minéral blanc-bleu, piscine sur le toit face à Kastellorizo. Clientèle 40+ européenne, ambiance adulte.
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Hotel Nur Beach (Çukurbağ) ~220–290 €/nuitPéninsule Çukurbağ, côté sud, accès direct plateforme baignade. 20 chambres accrochées à la falaise, piscine infinity, échelle en inox qui plonge dans 20 mètres d'eau turquoise. Design turc contemporain, salle à manger ouverte.
À table
- Bi Lokma (Andifli)
Terrasse-jardin en hauteur dans le quartier Andifli (pas sur la jetée), cuisine de mère de famille : mezze faits main, poisson du jour, vue sur la baie de Kaş et Kastellorizo.
- Mercan Restaurant (1956)
Institution familiale depuis 1956, 3e génération — Mustafa Eriş nettoie le poisson devant toi. Spécialité : le lagos buğulama (loup de mer mijoté 45 min). A quitté le port pour l’entrée de Kaş (Andifli).
- Beyhude Meyhane (Kaş)
Pour la soirée meyhane à Kaş — rakı en carafe, plateau de mezze qui défile, poisson frais et souvent musique live. L’ancien İkbal a fermé ; Beyhude (ou Salkım Ocakbaşı) a pris le relais.
- Pello Kalkan (Bezirgan)
Le petit-déjeuner paysan de montagne au village de Bezirgan (~700 m) : fromages régionaux, bazlama et pişi chauds, confitures maison, olives du jardin, tahin-pekmez, vue sur la vallée. (Le « Köyüm Gözleme » du carnet v2 n’existe pas ici.)
La mer & les criques
- Kaputaş Beach
20 min en dolmuş vers Kalkan, 3 €. Crique blanche entre falaises, 190 marches à descendre. Arriver 7h30 pour ombre + eau plate, repartir 11h avant les bus.
- Limanağzı (crique)
2h aller, 8-10 km A/R, sentier balisé rouge-blanc. Baignade + déjeuner taverne İnci, retour water taxi 8 €.
- Mavi Mağara (Grotte Bleue)
Plongée, ruines & marchés
- Kekova + Simena (cité engloutie)
Bateau depuis le port de Kaş, 35–50 € partagé (6-8 pax) ou 200-350 € privé. Ruines Lyciennes sous l'eau, château de Simena, snorkeling au-dessus des ruines. Départ 9h30, retour 17h.
- Patara (ruines + plage antique)
Dolmuş 45 min, 4 €. 8 € entrée (inclut la plage antique de 18 km). Ruines (amphithéâtre, bouleuterion, arc de Modestus) à 8h, plage 11h.
- Myra (Demre, tombes rupestres)
Dolmuş 1h10, 5 €. Entrée 10 €. Tombes rupestres plein sud, lumière directe dès 10h, contraste brutal en N&B. Combine avec l'église Saint-Nicolas à 3 km. Maps
- Dragoman Diving
Kaş = top 3 Méditerranée. 2-tank dive 65-80 €, snorkeling guidé 45 €. Eau 25-26°C sept-oct, visibilité 30 m+.
- Letoon (UNESCO)
- Marché vendredi Cuma Pazarı
- Mont Felenk (sunrise)
- Xanthos (UNESCO)
Le carnet de bouche
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Balık ekmek sur le portSandwich sardine ou maquereau grillé, oignons-sumac-citron, pain frais. Vendeurs sur le port de Kaş à midi, 4-6 €. Version locale moins touristique qu'à Istanbul, tout aussi bonne.
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Çiğ köfte au bazarBoulettes crues de boulgour, piment, tomate, épices (jadis faites au bœuf cru, aujourd'hui végétariennes par loi). Roulées dans une feuille de laitue avec citron et grenade. Street stand Çiğköfteci Ali Usta dans la rue du bazar, 2-4 €.
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Meze d'AntalyaHaydari (yogourt-ail-menthe), piyaz (haricots blancs-tahini-sumac — spécifique à Antalya), sigara böreği, ezme. Le plateau de référence à commander chez İkbal Meyhane, avec rakı et une soirée qui dure.
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Nar suyu — jus de grenadePressé minute au street stand, 2-3 € le verre, couleur rubis. Septembre-octobre = pleine saison. Le meilleur jus de grenade de ta vie. À boire tous les matins jusqu'au départ.
Pépites lyciennes
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Limanağzı — crique accessible bateau/sentierTrois petites tavernes locales (İnci, Bahçe, Korsan), plateformes bois, eau turquoise. Accessible uniquement en water taxi (8 €) ou par le sentier Lycien (1h30). Poulpe grillé + Efron à l'ombre des pins. Localiser
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Marché du vendredi (Cuma Pazarı)Terrain derrière le stade, vendredi 7h-14h. Marché fermier des villages environnants, femmes Yörük en costume traditionnel, fromages de chèvre, olives, herbes sauvages, figues fraîches. Terrain de jeu pour street photographe — arriver 8h pour la lumière. Localiser
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Mavi Mağara — la Grotte Bleue localeÉquivalent turc de la Grotta Azzurra de Capri. Petit bateau local du port (pas les gros tours) — demander Kaptan Mustafa au bout de la jetée Est, 25 € pour 3h avec un pêcheur. Accessible uniquement par la mer, effet bleu électrique quand le soleil tape.
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Sentier du mont FelenkRandonnée 1h depuis la péninsule Çukurbağ, sommet à 497 m, vue à 360° sur Kaş, Kastellorizo (Grèce) et la côte. Zéro touriste. Partir à 6h pour le sunrise, redescendre pour petit-déj. Localiser